Ostrea Odulis

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Ostrea Odulis

des huitres pour tous
























Lundi 15 Août 2016
18:01



Il y a des huîtres dans les eaux de la rade! Nom de code: «Ostrea odulis»




Découverte

Une petite dégustation aux Bains des Pâquis, ça vous
tente? Départ avec le collectif «Trois points de suspension».























Anthony, Charlie et Nicolas (de g. à dr.),
trois potes pour un collectif déjanté et amateur d’huîtres.

(Photo: DR)








Sophie Simon












Il était une fois les huîtres du Léman. Bon,
officiellement, elles s’appellent les huîtres du Salève, mais ça, c’est
juste pour la chicane. Nom de code de l’opération: «Ostrea odulis». Un
samedi d’avril, le collectif «Trois points de suspension» nous a emmenés
pour une «balade ostréicole» au large des Bains des Pâquis. Sur une
petite embarcation à quelques mètres de la plage, nous avons vu, de nos
propres yeux, deux plongeurs courageux s’élancer dans les profondeurs
pour nous ramener quelques rares spécimens d’huîtres lémaniques, qu’ils
prétendent cultiver dans une cavité salée secrète. Tout le décorum y
était, petit verre de blanc, couteau à huîtres et citrons à gogo. Nous
avons dégusté un mollusque qualifié de lacustre. Pour autant, faut-il y
croire?
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Ce collectif, c’est une bande de «bonimenteurs, de
violonistes de la réalité», selon les termes de ses membres. A leur
actif, des expérimentations urbaines originales. Lors de la pose de la
première pierre de la Nouvelle Comédie, ils jouent 33 textes de
Shakespeare à une bétonneuse, au nom du principe de «plus-value
affective. On veut charger les lieux d’affect.» En collaboration avec un
berger, ils jouent «de la musique à des fromages, et on regarde comment
la musique influence le processus de lactation». En résulte le fromage
«Sauvez Willy», affiné au son d’orque, ou le «Saga Africa», affiné au
zouk. Prochainement, ils comptent «monter une société secrète, parce que
personne ne nous invite dans une société secrète», résume Nicolas. Les
poètes déjantés ne sont pas à court d’idées.Ce
projet de culture d’huîtres en eau douce, c’est, explique-t-il très
sérieusement, pour «pallier le crétinisme des Alpes en amenant de
l’iode, pour nous rendre un peu moins cons». La première expérimentation
a lieu dans un puits abandonné de Saint-Julien-en-Genevois. «Il était
condamné par une grande dalle, on voulait faire sortir des histoires de
là», indique Charlie. Un camion-grue fait descendre un plongeur en
rappel dans le puits. «Faire disparaître un plongeur au fond, c’est déjà
créer un imaginaire. On a inventé un espace d’apéro onirique, avec un
mécano, un plongeur et un blablateur en chemise hawaïenne.» Mais cette
dégustation d’huîtres du puits, un canular? «Non, c’est chercher un
possible dans les croyances collectives.» Pas question donc d’imaginer
une commercialisation, la rareté de ces mises en scène fera leur valeur.Comme
l’imagination du collectif est sans limites, la prochaine étape est de
se lancer dans la «perliculture». Avec la proximité de la Perle du Lac,
le nom ne peut que devenir réalité.




(Tribune de Genève)